Un Dieu ni absent, ni silencieux

Une réflexion du Président d'ACSI Francophonie, Robert Mewton, suite à la pandémie Covid-19. 12/05/20 

covid 19 webUne période inédite comme celle que nous traversons suscite toujours une multitude de réflexions et d’interprétations, parfois farfelues et infondées, mais souvent enrichissantes, nous encourageant à ralentir et à nous interroger. Dans des écoles fondées sur la Parole de Dieu et cherchant à honorer et à servir Jésus-Christ, il est vital que nous soyons de ceux qui font le tri, qui discernent les pensées valables et qui y trouvent matière à grandir et avancer.

Comme nous avons l’assurance que notre Dieu est souverain, le point de départ de notre réflexion est la certitude que le COVID 19 nous arrive selon Sa volonté et ne peut se répandre que dans les limites que le Tout-puissant lui a imposées. Comme le plan de Dieu est à la fois juste et miséricordieux, nous n’avons ainsi aucune raison d’être dans la crainte au sujet des écoles qui existent selon Ses ordonnances, même si, au sein du peuple appelé à gérer ces écoles, il y a des cas de souffrance, perte et deuil. Nous n’oublions pas que, lorsque le prophète Elie a annoncé les années de sécheresse en Israël, le roi Achab et les dizaines ou centaines de milliers d’Israélites idolâtres n’ont pas été les seuls à en souffrir. Elie lui-même, ainsi que les 7000 Israélites qui n’ont pas plié le genou devant Baal, ont dû également en subir les conséquences.

Malgré les souffrances, nous n’avons donc pas peur, à la différence de ceux qui ne connaissent pas le Dieu souverain. De plus, comprenant que c’est notre Dieu qui est aux commandes, nous savons que ce qui arrive a un sens, un but et fait avancer le plan du Dieu rédempteur. Nous ne connaissons pas, cependant, la nature précise de ce sens, ce but. Certes, nous n’ignorons pas que cette épreuve, comme toutes celles qui arrivent aux chrétiens, doit produire la persévérance, la victoire et l’espérance (Romains 5:3, 4). Nous savons, également, qu’elle doit nous pousser à la prière. Nous nous interrogeons – et hésitons - davantage lorsque il s’agit du message qu’un tel événement peut ou doit communiquer au monde incroyant autour de nous, message que nous sommes peut-être appelés à transmettre. Nos prières, en tout cas, doivent implorer Dieu afin qu’Il permette à ce message de pénétrer dans des intelligences aveugles et des cœurs enténébrés !

s cheresseQuel est donc ce message ? Nous écartant des interprétations trop « ciblées » qui parlent de conséquences très précises de certaines actions humaines, voire de l’arrivée prochaine du jugement final, nous rappellerons les certitudes simples de la Parole – certitudes, d’ailleurs, que nos élèves sont parfaitement capables d’entendre et de saisir. Ainsi, toute souffrance, tout malheur est la conséquence du péché, en général, un rappel que nous vivons bien dans un monde déchu. Aussi la souffrance est-elle la faute de l’Homme, pas celle de Dieu, dont l’Homme a refusé (et continue à refuser) d’écouter les avertissements. Cette souffrance est une conséquence parfaitement juste de la nature humaine déchue et des actes produits par cette nature.

Ainsi, le Dieu juste manifeste Sa justice à travers la souffrance, tout en se servant de cette justice pour exercer Sa miséricorde et ramener des hommes et des femmes à Lui. C’est C.S.Lewis qui le dit le mieux, dans cette citation si célèbre : Dieu nous chuchote à travers nos plaisirs, parle à notre conscience, mais crie dans nos douleurs : la souffrance constitue Son mégaphone pour réveiller un monde sourd.

On rapporte que, au cours de ce temps de pandémie, la fréquentation de sites proposant des lectures bibliques a augmenté de 100% ! Ces nouveaux lecteurs de la Parole de Dieu, ne seraient-ils pas de ceux qui ont entendu un Dieu compatissant « crier » ?

Un autre aspect du message que nous ne devons pas manquer et que nous devons certainement rappeler à nos élèves, c’est que Jésus-Christ a clairement annoncé de telles catastrophes (Matthieu 24; Marc 13; Luc 21). Elles doivent arriver avant Son retour. Lorsque nous en sommes témoins, nous avons donc la confirmation, d'une part que Jésus savait de quoi Il parlait – nous en sommes déjà convaincus, évidemment, mais pas forcément notre voisin incrédule ! – et, d'autre part, que Son retour est aussi certain que ces catastrophes annoncées. En cela, un événement comme celui-ci rappelle la bonne nouvelle qu’une nouvelle création, sans douleurs et sans larmes, est préparée et va arriver.

prièrePour ne pas trop allonger la liste, nous pouvons enfin rappeler, à la fois aux croyants et aux incroyants, une vérité incontournable transmise par le COVID 19 : ce n’est pas l’homme qui contrôle la situation ! Il est, au contraire, totalement dépassé, voire passablement paniqué ! Or, l’arrogance ferme la porte à Dieu, mais l’humilité la lui ouvre (Jacques 4:6), aussi Dieu humilie-t-Il l’homme afin de le ramener vers lui. Partageons librement, doucement – et humblement ! – cet aspect du message divin, en priant que la majorité des hommes – et, notamment, des dirigeants – ne cherchent pas à camoufler leur humiliation, mais, la reconnaissant, se tournent, dans la repentance et la gratitude, vers Celui qui élève l’humble !

C’est peut-être à ce stade que nous, qui travaillons dans des écoles, possédons une espérance toute particulière. Les systèmes scolaires établis ont été paralysés, rendus inopérants par le coronavirus, et des millions de parents ont dû redécouvrir leur rôle de responsables de l’éducation de leurs enfants, rôle dont nous, enseignants et parents chrétiens, déplorons si souvent l’oubli ! Dieu n’aura-t-Il pas permis à bon nombre de ces parents de prendre conscience qu’il est normal qu’ils assument ce rôle ? Peut-être qu’Il aura aussi permis à d’autres de comprendre à quel point leur système scolaire officiel enseigne à leurs enfants des valeurs et des contenus avec lesquels ils ne sont pas du tout d’accord. D’autres encore auront saisi tout simplement que leurs enfants n’apprennent pas grand-chose de bon ou d’utile à l’école ! Humiliés, ramenés à des lois et principes bibliques dans les circonstances actuelles, certains parents ne vont-ils pas se tourner vers les établissements privés chrétiens ou vers des réseaux chrétiens d’enseignement à domicile ? Voilà, en tout cas, un sujet de prière pour nous autres, acteurs de l’éducation chrétienne, une raison aussi d’espérer et de persévérer.

Nous souffrons, certes, avec l’ensemble de la population. Mais, chers frères et sœurs en Jésus-Christ, nous savons à la fois que Dieu partage et porte nos souffrances, et que ce Dieu est également un Dieu qui règne, un Dieu qui se révèle, un Dieu qui, au-delà de la souffrance provoquée par le péché, promet « un avenir et de l’espérance » (Jérémie 29 :11) à ceux qui se repentent et qui se confient en Jésus-Christ, car « il n’y a de salut en aucun autre » (Actes 4 :12). Alors, debout, sainte cohorte !

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RobertRobert Mewton est fondateur et ancien directeur de l'école La Nouvelle Alliance à Aix-en-Provence, et Président du CA d'ACSI-Francophonie.  

 

 

 

 

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